Review of Strife - Zim literature

Le Mauricien

<http://www.lemauricien.org/weekend/100509/mg.htm>

Sunday 09 of may 2010.

Littérature d'Afrique du Sud

Shimmer Chinodya Vivre l'histoire au travers de la mémoire

La littérature d'Afrique du Sud a été, on le sait, jusqu'à tributaire de l'histoire de l'Afrique du Sud. L'entretien accordé par l'écrivain zimbabwéen Shimmer Chinodya à Harare lors du voyage culturel organisé  par Arterial Network témoigne de la nécessité vitale de l'écriture dans l'Afrique australe, de la diversité de cette littérature. L'écriture de Chindoya fondée sur l'analyse, la mémoire, aide à  une meilleure compréhension de la culture zimbabwéenne au 21ème siècle.

Shimmer Chinodya est né en 1957 à Gweru. Il a étudié au Zimbabwe. Il est romancier, nouvelliste. Ses textes sont traduits dans plusieurs langues. Romancier confirmé avec Strife (NOMA Award 2007), il se consacre aussi à l'écriture cinématographique. Il s'interroge aujourd'hui du contenu du roman dans un contexte de transition et d'attente au niveau artistique dans son pays. Quand nous l'avons interrogé à la galerie Delta, à Harare, il a tenu à se situer en tant que conteur d'histoires à sa façon. Une histoire qu'il vit au travers de sa mémoire et qu'il transcrit avec une belle frâicheur d'inspiration dans Strife (Weaver Press). Il mêle passé et présent, tradition et modernité dans style narratif éclaté. "All my books are different. I like to tell a good story with different voices. I am a traditional story teller... I like strong narrative (characters, contradictions, echos)," nous dit-il. Il ajoute que ses productions littéraires sont nées autour des thèmes de la liberté et de l'identité (personal and social identity). "Who I am ? What are my values." La force du style de Shimmer Chinodya réside dans la façon dont il parvient à se libérer d'un environnement pesant en trouvant une multiplicité de voix et en proposant une histoire particulière : "You must believe in something exceptional in your life... identify what is writable. I spent my whole life to understand myself, now I move on to human relationship in religious and cultural contexts."

Dans son roman Strife, il pose la question de l'efficacité de l'écriture face à la réalité. L'histoire se déroule au Zimbabwe. Elle est racontée suivant le point de vue d'une famille et retrace l'histoire du pays ces 40 dernières années. Chinodya propose un texte où légende, mémoire, actualité se mêlent à différents moments et dans des lieux différents. "A rich, densely novel, Strife examines one family's responses to destiny. Tracing Gwanagara's roots back over a century, Chindoya interweaves past and present, juxtaposing incidents never forgotten or resolved, reaveling how memory becomes and actor in lived time... Srtife is a novel that has to be read by anyone seeking a deeper understanding of Zimbabwean culture in the twenty-first century", peut-on lire en quatrième de couverture. La force du roman réside en effet dans une mémoire profondément inscrite dans l'imaginaire de l'auteur et qui a marqué de manière déterminante son dernier roman.

Extrait choisi de Strife

She, the moon huntress, has seven children, and he, the determined plant breeder, aged twenty-four, is her first born. The second-born, male, too, aged twenty-two, is completing his university studies and is in love with languages. The third, a taciturn twenty-year-old, is a first-year, political sceince student at the same university. The fourth-born is a girl - a student teacher. The fifth and sixth children are girls at secondary school, and the last and youngest is a boy at primary school.

The country is masquerading under the oddly double-barrelled surname of Zimbabwe-Rhodesia. A fierce civil war is raging through the country; the air is saturated with an insipid pessimism. Sell-outs and betrayals are at the order of the day. Roads are mined; schools, shops and clinics are closed, the economy reeling under sanctions and the call-up of all able-bodied whites. Thousands of black children have run across the borders, in thirst of freedom and respect; to train as guerillas, to chant slogans in forests; to fire guns and throw grenades, to act as fodder for Ian Douglas Smith's bombs. But this is not a story about war. The story of that bitter conflict has been told elsewhere, many times before.

her children are safe from the turmoil. They go safe schools. they come home to thier little house in the township, secure from the savage fighting. They are "brillant", and in these colonial seventies when education for blacks is regarded as the be-all end end-all, hers is considered a glorious house-hold. Her children are the envy of the town, but there is a steep price to pay for it. Silence. Uncommunicativeness. Seriousness. No father drawls rudely, drunkenly, excitingly, in the sitting room, ordering his children to bring him another beer from the small but efficient fridge. No woman swings buxomly, fatly, pleasantly; chidingly shaking a sausage pan in her husband's face.

She has defied poverty and tradition and carved a niche for herself in the town. For fifteen years she has lived another life, almost single-handedly building a home in a new land among strangers - a woman braving the morning dew in her gumboots.

Her story has been told elsewhere. But this is her tale again, a new version, the story of a woman who sought to defy the odds, the capable, sad woman who gave all for her children, the woman called my mother. This is the story of her, her husband and children and what became of them when they tried to cut the umbilical cords of their ancestries, to challenge fate.

WEAVER PRESS, Fiction and Culture

Cette petite maison d'édition publie des livres dans la région d'Afrique du Sud depuis 12 ans maintenant. Elle s'est engagée à rendre disponible les fruits des recherches, "creative writing" non seulement dans des marchés étrangers mais dans les pays d'origine. Son catalogue comprend une liste d'ouvrages ayant trait à l'histoire politique et sociale, l'environnement, les médias, les droits des femmes et des enfants, la fiction et la critique littéraire. Weaver Press est aussi engagée dans la co-publication. Godwin Muzari (parlant au nom de Weaver Press) dit que le Zimbabwe est une nation d'écrivains, de nouvellistes et de romanciers. Il a publié un ouvrage collectif pour diffuser les textes de la région. Weaver Press possède une liste de 18 titres. Les années difficiles qu'a connues l'édition et les changements en cours ont été soulignés par Takura et Godwin Muzari. On note dans leur discours la nécessité d'une culture de la lecture et de la discussion : "Writers are given a great value but not books..." La passion d'écrire est là, nous dit l'équipe de Weaver Press. On a fait ressortir que les meilleurs écrivains zimbabwéens sont ceux dont les textes posent la question de l'utilité et l'efficacité de l'écrituure face à la réalité et sa violence. Toutefois, Weaver Press a fait ressortir que "people don't buy books... the books they need to get out of the world they are living in..." Une situation qu'on retrouve dans de nombreux pays de l'Afrique du Sud.